L’électronique, le numérique et la robotique transforment notre quotidien à grande vitesse. Ils pilotent nos réseaux, connectent des territoires isolés, font émerger des robots autonomes et apportent des réponses aux grands défis contemporains. Mais derrière cette promesse de progrès se cache une réalité plus contrastée : des technologies souvent gourmandes en ressources, énergivores et parfois pensées pour un renouvellement rapide. Les articles de ce numéro proposent un regard lucide sur cette tension et montrent que d’autres choix sont possibles.
Le premier article, de Victor Goarin, illustre comment l’écoconception peut s’appliquer aux équipements industriels. À partir de l’analyse de cycle de vie d’un disjoncteur, il met en évidence les principaux impacts environnementaux, liés notamment à l’électronique embarquée et aux pertes énergétiques durant l’usage. Des leviers concrets — modularité, choix des matériaux, amélioration de la recyclabilité ou remplacement d’une batterie lithium par un supercondensateur — permettent de réduire l’empreinte carbone sans dégrader les performances.
La question de la durée de vie est au cœur de l’article de Briac Baudais, consacré aux déchets électroniques. En 2022, plus de 60 millions de tonnes ont été produites dans le monde, dont une faible part recyclée efficacement. Face à ce constat, l’auteur interroge la place de la réparation. L’exemple de la rue Jr Leticia, au Pérou, spécialisée dans la réparation électronique, met en lumière un modèle fondé sur la seconde vie des équipements. Il rappelle que la réparation est aussi un choix culturel et économique, et qu’elle pourrait devenir un levier majeur de réduction de l’empreinte numérique.
Le troisième article, écrit par Basile Plus-Gourdon – Vincent Deslandes, s’intéresse à l’Internet des Objets satellitaire, à travers le cas de l’opérateur français Kinéis. Il explore les défis d’une connectivité globale sobre en énergie et accessible, en montrant que chaque choix technique — architecture, modulation, orbite — a un impact direct sur la consommation et la durée de vie des satellites. L’enjeu est de concilier innovation et sobriété.